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La science Pinocchio et le mentir au quotidien

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th (57)Il y aurait une attitude Pinocchio en chacun de nous ! Nez long, nez chaud, nez rouge tendance bourgogne, il n’en finit plus de se manifester. C’est si facile de mentir. Et si utile ! Dépendant de l’agenda travail et mondain, certaines personnes se permettent au delà de 200 mensonges/jour. Syndrome ou science Pinocchio ? Oui et non !

De récentes études scientifiques rappellent que le comportement mensonger possède son propre système évolutif. S’il y a eu développement du néocortex et raffinement de l’intelligence pendant des millénaires, il en a été de même pour le mensonge. De telles mutations se vérifient chez l’humain et l’espèce animale.

Il paraît que la pulsion du mentir soit imprégnée dans nos gènes.  Apparemment, et ce depuis les temps immémoriaux, nous entretenons une ambivalence singulièrement tordue entre dire la vérité « vraie » ou la maquiller avec une menterie, une invention, un leurre ici et là, aussi bénin soit-il ! Le mensonge, nous explique-t-on, est complexe.

Lors d’une réunion ou d’une rencontre entre étrangers, chaque personne fabriquera un minimum de 3 mensonges en moins de 10 minutes. On mentira davantage à un inconnu qu’au collègue de travail ou à quelqu’un de son entourage immédiat, famille incluse. La majorité d’entre nous, heureusement, demeurons des pinocchios de « type  léger» nous limitant à une dizaine de contrevérités quotidiennement.

On évoque l’exemple de Koko, la célèbre gorille à qui on avait appris les signes du langage et qui communiquait de brillante façon. Elle avait un petit chaton qu’elleth affectionnait. Lors d’un incident où un lavabo avait été arraché du mur de son habitat, elle a immédiatement blâmé son mignon petit chat !

En situation du « dis-moi-la-vérité », l’enfant de 2 ans bluffe, celui de 5 ans grabouille en utilisant la flatterie. Quant au garçon de 9 ans, il devient maître du camouflage. Plus tard lors de son entrée au collège, il mentira à sa mère une fois sur 5. La fille aussi, mais 1 sur 10.

Autres observations assez révélatrices : les personnes extraverties baratinent plus que les introverties ; les hommes mentent 8 fois plus sur eux-mêmes que sur autrui, tandis que les femmes le feront mais pour protéger une personne. En couple, on en glisse 1 sur 10 interactions. Hors couple, on racontera davantage de faussetés minimum 3 pour le même nombre d’échanges.

Selon les psychologues, spécialistes en observation des comportements mensongers et du non verbal, la meilleure façon de repérer la tromperie est d’observer les expressions faciales, la posture, les intonations, le débit du discours tout en écoutant le propos. Ainsi pourra-t-on capter les « discordances » tel un ton joyeux sur un visage agité, tourmenté ou encore un timbre de voix posé mais un regard fuyant.

Malheureusement, la plupart d’entre nous ne sommes pas très efficaces pour déceler qui de l’une qui de l’autre « nous ment en pleine face ». Il nous faudra donc pratiquer la mécanique proposée, soit affiner note attention. Il s’agit simplement d’ajuster notre sens de l’observation. Ce faisant, on se garantit un taux d’efficacité près des 90 %. C’est la clé de repérage du mensonge, une clé franche de lire la vérité.

Bien sûr, il y a les as du mensonge, un clan exceptionnel. Malencontreusement, nous sommes majoritaires à s’embourber. N’oublions pas les piteux menteurs/menteuses. De plus, il n’y a aucune originalité dans la façon. Il est démontré que nous commettons les mêmes erreurs, utilisons les stratagèmes semblables.

Une expérience menée auprès de personnes atteintes d’un trouble de langage démontre que celles-ci possèdent un sens d’observation plus affûté. Elles reconnaîtront plus rapidement la tromperie, ne se laissant pas distraire par les mots entendus. Donc, plus attentives à la gestuelle, aux intonations qui trahissent le propos.

Des technologies de plus en plus sophistiquées sont à définir en imagerie de composantes de la vérité et les signaux du mensonge. Déjà, les trackers oculaires – les scans hyper sensibles – scrutent les matières nébuleuses des lobes du cerveau.

Cependant, on affirme que le discours mensonger  au sein de la grande communauté humaine a de plus en plus d’adeptes. On note que plusieurs le peaufinent tant et si adroitement qu’on perçoit une métamorphose du syndrome de Pinocchio en une science individuelle, personnelle. Tendance – si constante – rendra difficile la ventilation de ce fameux comportement s’agitant dans nos gènes.

Peu importe les mouvances comportementales et les innovations technos, les scientifiques conseillent d’avoir un système de « détection du mensonge », un qui nous soit propre n’oubliant surtout pas de l’affûter. Un tel système s’avèrera en tout temps une plus-value utile voire indispensable.

hms.harvard.edu/research

  • Nancy Etcoff, psychologue/chercheure/professeure, Medical School
  • Amy Cuddy, psychologue sociale/chercheure/professeure, Business School

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