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« In vitro » pour freiner l’extinction des rhinos blancs d’Afrique du Nord

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th (23)Selon les normes mondiales, il faut au moins un troupeau d’une vingtaine de têtes pour reconnaître une espèce animale. Entre 2005 et 2008, le rhinocéros blanc d’Afrique du Nord a été déclaré officiellement en voie d’extinction. Et en 2015, il n’en reste plus que 3 dûment recensés sur toute la planète qui survivent en milieux zoologiques protégés.

Ce désastreux constat résulte de l’acharnement de braconniers professionnels. Légale, illégale, leur activité dévastatrice date de temps anciens et modernes. Toujours et encore, la Chine achètent les cornes de rhinos blancs pour concocter ses médecines traditionnelles. Tandis qu’au Vietnam, depuis une vingtaine d’années, les nouveaux riches collectionnent les cornes mais aussi les têtes et les dents de ces superbes bêtes, les plus imposantes au monde, et parmi les plus paisibles et pacifiques des familles rhinos.

Sur les marchés internationaux et particulièrement asiatiques, des cornes de rhinocéros blancs d’Afrique de Nord – les plus longues de toutes les espèces rhinos – se vendent entre 60 et 70 000 $US le kilo.

D’ici 10 ans – si la tendance se maintient – il n’y aura plus aucune trace de rhinocéros ni en Afrique ni en Asie ni en un autre ailleurs toutes espèces et sous-espèces confondues. Au rythme actuel de 3 rhinos tués quotidiennement sur un cheptel total de 27 à 28 000 bêtes selon les organismes de protection des animaux, ces chiffres ne mentent pas !

Pour contrer la disparition du rhinocéros blanc d’Afrique du Nord, les scientifiques misent sur la méthode in vitro. Encore là, rien de garanti. Des expériences de fertilisation artificielle ont été tentées sur d’autres animaux super lourds et n’ont pas été concluantes. Malgré cela, on veut agir et en urgence car les quelques survivants montrent de plus en plus des déficiences liés à leur âge avancé. L’une des femelles du nom de Nola – grande vedette d’un jardin zoologique sauvage californien – qui devait participer au programme de fertilisation vient de mourir subitement à l’âge de 41 ans. Un an auparavant, on annonçait la mort d’un autre membre du petit groupe nommé Suni.

Le dernier rhino blanc mâle ne serait pas assez « énergique » pour performer à cause de son âge mais son sperme répond aux qualités de fertilisation. De tels échantillons de feu Suni sont également disponibles. Les 2 femelles présentent certaines anomalies ; l’une ne pourrait concevoir de façon naturelle en captivité. Pour pallier, on a trouvé une rhino-porteuse originaire d’un troupeau parent, celui des rhinocéros blancs de l’Afrique du Sud. Si tout va, cette rhino-mère donnera un rejeton d’environ 40kg après une gestation de 17 mois.

Même si le projet in vitro s’avérait positif, il ne modifierait pas nécessairement l’irréversibilité du verdict. C’est pourquoi d’autres programmes pourraient se faire en parallèle. Par exemple, un jumelage avec les rhinos blancs de l’Afrique du Sud, une race parente, permettrait une continuité. Ce nouvel animal hybride assurerait la survie de la génétique des rhinos blancs du Nord. Autre recours ultime, le clonage. Peu de références cependant.

Entre temps, une levée de fonds est en cours afin de recueillir le million de dollars nécessaire à la réalisation de cette procédure très rare et très audacieuse.

L’un des scientifiques participants à l’opération sauvetage a souligné que nous, humains, sommes responsables de tels massacres faisant disparaître de la face de la terre une lignée honorable, animal ancestral de 26 millions d’années. On se doit de tout tenter pour réparer l’irréparable… si encore possible !

http://www.worldwildlife.org

http://www.animals.nationalgeographic.com

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