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L’industrie du clonage d’animaux de ferme et de compagnie, c’est parti !

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thLa Chine inaugurera – si ce n’est déjà fait – son méga centre industriel de  clonage d’animaux toutes races. Une première mondiale. Objectif pour l’An 1 : livraison de 100 000 embryons/clones, majoritairement des vaches laitières, aussi des chevaux pur sang, des chiens pisteurs et de compagnie. Pour 2020, atteindre 1 million de bêtes. Peut-être même avant ! et peut-être même plus, plus, plus !

Situé en banlieue de Tianjin, ville portuaire de 15+ millions de personnes du nord de la Chine, ce centre multi services de 14 000 mètres carrés comprend une usine de production d’embryons, un laboratoire de clonage, une banque référentielle d’une capacité de 5+ millions de cellules reproductives, un espace éducation/sciences sur la biotechnologie et biodiversité innovantes.

Durant plusieurs années, les autorités chinoises ont favorisé l’implantation d’une telle entreprise afin de provoquer l’entrée massive d’animaux d’élevage sur leur territoire. Les comptoirs boucherie de viandes bovines seront enfin comblés et pourront répondre aux demandes de la population et de sa classe moyenne. Laquelle en expansion et de plus en plus exigeante compte tenu des différences culturelles et ethniques accompagnées des tendances alimentaires.

En partenariat avec l’Académie des sciences de Chine et les firmes biotechnologiques de la Corée du Sud, spécialistes du clonage, la direction du méga projet a obtenu les précieux permis d’exploitation. Que ce soit les réglementations se rapportant à l’éthique, aux ethnies et religions, aux normes de clonage d’animaux en usine et leur bien-être, la santé de la population, la qualité du produit cloné destiné à la consommation et autres.

Pour susciter l’intérêt des propriétaires/fermiers locaux – sans oublier les marchés internationaux – on met en évidence la « plus value » inhérente à la bête clonée : résistance aux virus, épidémies, variations climatiques ; augmentation de la quantité et de la qualité de lait ; tendreté de la chaire à boucherie et des coupes plus abondantes. Clone étant synonyme d’homogénéité, il transmet ses caractéristiques gagnantes – parce qu’héréditaires – à sa progéniture déjà pourvue d’une croissance rapide et d’un système immunitaire à toute épreuve.

Depuis quelques années, des partenaires du super centre opèrent une micro usine/labo de clonage de chiens située dans la même région. Les animaux de compagnie th-10représentent un créneau très lucratif. La reproduction des chiens pisteurs/renifleurs aussi : 550+ embryons commandés au cours de 2015 par des autorités aéroportuaires et frontalières de divers pays.

Quelques dates importantes dans l’histoire du clonage d’animaux Le premier animal cloné est une grenouille ; expérience faite dans les labos des scientifiques Briggs et King aux États-Unis.

  • 1952   La grenouille, premier animal cloné
  • 1963   Premier poisson rouge
  • 1996   Premier mammifère, la brebis Dolly
  • 1997   Première souris
  • 1998   Première vache
  • 2000   Cinq petits cochons
  • 2001   Premier animal cloné en voie d’extinction 1 boeuf sauvage, plusieurs taureaux
  • 2002   Six lapins et une quantité imposante de souris
  • 2003   Trois mules, 1 jument, et autres petites bestioles
  • 2004   Première vente d’un animal cloné, un chat
  • 2005   1 chien, 1 cheval et des drosophiles, insectes utilisés en génétique
  • 2007   Premier singe ; clonage à la chaîne i.e. 1 000+ cochons, 3 000+ bovins ; début du clonage de seconde génération
  • 2009   1 dromadaire
  • 2011   Quelques coyotes
  • Note 1 :La technique la moins coûteuse mais la plus performante : la polymérisation en chaîne ( PCR ). Dupliqué in vitro, un fragment d’ADN peut se multiplier à la quantité voulue.
  • Note 2 : Les clones de sexe féminin auraient les meilleures chances de survie

L’industrialisation massive d’animaux de ferme clonés vient chambouler certains accords internationaux touchant la consommation et l’intégration dans les troupeaux. Depuis 2008, la plupart des bovins clonés aux États-Unis sont utilisés dans la reproduction pour améliorer la qualité des troupeaux. On consomme peu ou pas leurs produits, même si le bureau fédéral de surveillance les reconnaît aussi sécuritaires que tout autre.

Au Royaume-Uni, la viande et le lait de vaches clonées sont considérés comme « nouveaux aliments » et des permis sont exigés pour en faire la vente.th

Pour sa part, l’Autorité européenne de sécurité des aliments – AESA – affirme qu’aucune différence n’existe entre les viandes et produits laitiers de bêtes clonées, progéniture incluse, que ceux d’animaux de ferme traditionnels. L’organisme émet toutefois des réserves quant au bien-être des animaux clonés.

Ce n’est pas par hasard si la première usine/laboratoire de clonage au monde soit établie en terre de Chine. Le gouvernement se dit très fier de ses lois souples voire permissives en matière de clonage et de bioéthique. Les ambitions avouées de la Chine – s’accaparer le plus rapidement possible des marchés mondiaux du clonage d’animaux de toutes les races – ne seraient pas étrangères à cette régulation ouverte.

Les composantes bios pour cloner un humain – sûrement ordonnées avec minutie sur une nano surface, in vitro – seraient-elles en attente d’une approbation de l’humain universel ? Il ne reste qu’une petite étape à franchir, l’opinion publique. La science s’est détachée irréversiblement de la fiction, l’opinion publique ne semble nullement pressée de suivre ce chemin, d’accueillir sur sa terre un quelconque apparenté !

Entre-temps, les directions de communication/marketing du conglomérat courtisent déjà les couples sans enfant, une clientèle d’intérêt, via les organismes conseils en décision parentale et autres. Le point vendeur étant d’offrir une option sans précédent, leur concocter un enfant sur mesure en donnant le choix de la génétique : celle de la maman ou du papa ou des deux parents. Extra bonus, conserver dans la réserve familiale une copie conforme du poupon précédent. Sans surprise, nous savons que le « premier okay » du premier couple annonçant la première naissance, et …c’est parti !

 

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